Allēlōn
Une production Synaspora
Coproductions Festival Musica et Météo Music Festival
Allēlōn [/aˈli.lon/] :
grec ancien, l’un-l’autre, les uns-les autres.
Ce concept, partiellement intraduisible, porte en lui les notions d’interdépendance, de réciprocité dans l’échange. Il a donné naissance en français au mot allélopathie, la faculté des plantes de communiquer par des interactions biochimiques.
Performance solo née d’un travail collectif initié par Olivier Duverger Houpert, saxophoniste doctorant en interprétation et création musicales au Collège Glarean (Strasbourg/Freiburg), Allēlōn fait suite à plusieurs années de recherche, rencontres et expérimentations.
Olivier, assisté de la sonorisatrice Maïlys Trucat, y interprète trois œuvres crées en collaboration avec Nan Zhang, Stéphane Clor et Sérgio Rodrigo, qui mêlent composition et improvisation, élaboration minutieuse et frisson de l’instant. On y assiste à une expérience sonore où l’improvisateur n’est que l’émergence visible de tout un écosystème créatif. Son identité musicale s’y affirme comme fruit du multiple, de la rencontre, de l’autre.
À rebours des identités monolithiques et individualistes qui empoisonnent nos rapports et nos sociétés, notre mode de création propose des futurs désirables, poétiques, tournés vers l’altérité.

photo : Pierre Chinellato
Générique
Direction artistique & performance
Olivier Duverger Houpert
Composition
Nan Zhang · Stéphane Clor · Sérgio Rodrigo
Mise en scène
Romain Gneouchev
Régie
Son · Maïlys Trucat
Lumières et régie générale · Lino Pourquié

photo : Morgan Gabelle
Intéressé depuis toujours par les interstices, je me consacre depuis 2021 aux rencontres entre composition et improvisation. Comme d’autres avant moi, le rapport entre ces pratiques m’intriguait. Je voulais en explorer — voire en exploser — les limites. Au gré de mes recherches, des rencontres, des expérimentations, j’ai été rejoint progressivement pour ma première création par des artistes aux histoires différentes, aux pratiques multiples.
Allēlōn nous est apparu comme une forme d’écosystème créatif : un système vivant, dont les individualités s’enrichissent mutuellement pour former un tout qui les dépasse. Allēlōn émerge de nos rencontres, de nos pratiques respectives, de nos préoccupations communes ou personnelles, de nos réflexions ou intuitions croisées. Seul instrumentiste au plateau, j’y représente l’émergence de cette multiplicité, interrogeant ainsi la manière dont les rapports d’altérité singularisent nos identités individuelles.
Lors de la phase expérimentale avec ces créateur·ices qui ne se connaissaient pas, je faisais circuler les idées de chacun·e dans le travail des autres et dans mon propre jeu. D’un côté, les distorsions et les micro-polyrythmies de Sérgio Rodrigo, la cartographie poétique parfois à la limite du silence de Stéphane Clor et la machinerie sonore DIY* de Nan Zhang. De l’autre, mes improvisations, ma musique, entre virtuosité et fragilité, exaltation et méditation, contrôle et transe performative. Ces trois pièces constituent le programme de Allēlōn et pourront à l’avenir faire chacune l’objet d’un concert dédié.
Le public est accueilli par une création acousmatique de Maïlys Trucat, sonorisatrice du spectacle. Il est invité à déambuler dans l’espace où se déploient les différentes installations, régie à vu, comme une ouverture de notre laboratoire créatif. Les spectateur·ices s’y déplace, subtilement guidé·es dans un espace organique. Ils y créent leur propre expérience sonore et musicale, ciselée par une sonorisation minutieuse.
Du je au nous, du nous à notre environnement, Allēlōn investit des modes de création qui répondent à l’urgence d’inventer pour notre avenir de nouvelles relations à l’autre et au monde. Par ce projet polymorphe, tentaculaire, nous voulons révéler ces interconnexions qui nous rendent vivant·es ensemble.

photo : Morgan Gabelle






